ZAC du "cluster des Médias" - Procédure d'autorisation environnementale - Participation du public par voie électronique

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Contribution 58

58 - Pleyel À Venir - Saint-Denis - 10/07/2020 16h00 - Registre numérique
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La Solidéo ambitionne de faire construire, sur l’Aire des vents, qui jouxte l’aéroport du Bourget, un “village des médias”, destinés à accueillir les journalistes du monde entier pendant les JOP 2024. Ce terrain a déjà accueilli le monde entier pour la COP 21 et a été ensuite préservé. 

Si la mairie souhaite respecter les injonctions de densification de la ville, elle n’a qu’à le faire sur les zones industrielles qui fracturent son territoire. L’Aire des vents, au contraire, est un espace présentant un corridor écologique, des espaces sportifs et verts, dont manquent cruellement les habitants du 93. Si le CIO veut respecter ses engagements bas carbone et l’excellence environnementale et démocratique, comment peut-il soutenir une urbanisation pérenne alors que son projet initial valorisait des solutions de structures provisoires (sur le modèle de celles utilisées lors de la COP 21) ? 

Rappelons qu’un projet de “Central Park du 93”, s’est déjà cassé les dents sur une mobilisation citoyenne, opposée à la bétonisation de cet espace. 

Ce projet, qui va laisser des bâtiments privés en dur au beau milieu d’un espace public, ne peut que susciter un avis négatif de notre part et quelques questions auxquelles nous aimerions que vous puissiez répondre. 

1. Comment parler “d’héritage compensatoire” avec le Terrain des essences donné en échange de l’Aire des vents, sachant que ce terrain est un ancien site militaire notoirement pollué et de taille inférieure à la zone dénaturée par la pérennité du village des médias ? Comment la Solidéo assurera la traçabilité des dépollutions de ces sites ? 


2. Peut-on connaître les raisons qui motivent le CIO à basculer le projet d’un village des médias démontable à une bétonisation d’un corridor écologique ? 


3. Comment justifiez-vous la diminution d’un espace vert sur un territoire qui est largement déficitaire de ce type d’équipement public du ressenti même de l’immense majorité des habitants ? 


L’Autorité Environnementale semble, comme sur l’ensemble des autres projets JOP 2024, interroger la Solidéo sur la prise en considération des impacts cumulés. 

4. Pouvez-vous nous indiquer dans quel document nous pouvons trouver le détail de ces études et également nous produire ici un résumé de celles-ci ? 


Nous sommes pleinement solidaires des collectifs mobilisés contre le projet, en cela que nos problématiques se rejoignent tout à fait et que, selon nous, les méthodes employées continuent d’invisibiliser les alertes des mobilisations constructives autour de tous ces projets. 

Dans l’attente de vous lire, nous remercions la commission d’enquête pour son précieux travail et regrettons fortement le choix de l’absence de permanence, pour des sujets complexes et cruciaux pour le territoire. 

Le collectif Pleyel à venir

 

Bonjour,
Nous vous remercions pour votre contribution      

 

La Participation du public par voie électronique sous l’égide de la Commission nationale du débat public

La procédure de participation du public est une procédure de participation par voie électronique sous l’égide de la Commission Nationale du Débat Public, il ne s’agit pas d’une enquête publique sous l’égide d’une Commission d’enquête.

 

La procédure de Participation du public par voie électronique a été définie par la Loi n° 2018- 202 du 26 mars 2018 relative à l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques qui prévoit un régime spécifique de participation du public. Les modalités de la procédure sont définies par l'article 9 de la Loi du 26 mars 2018 et par l'article L123-19 du Code de l'environnement auquel il est renvoyé.

 

La SOLIDEO, maître d'ouvrage, a engagé une procédure de demande d’autorisation environnementale pour la Zone d’Aménagement Concertée (ZAC) du « Cluster des médias » sur les communes de Dugny, La Courneuve et Le Bourget.

 

La ZAC du « Cluster des Médias », sous maîtrise d’ouvrage de la Solideo, constitue un projet d’aménagement majeur des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Le Cluster des Médias porte sur trois principaux sites : le village des médias à Dugny, le parc des sports au Bourget et le terrain des essences à La Courneuve. Chacun de ces sites a vocation à accueillir des fonctions ou activités olympiques durant les jeux et à rester en héritage après les Jeux.

 


Un projet conçu pour l'héritage, déclaré d'utilité publique en juillet 2019 :

Le projet du Village des médias a été avant tout guidé par la notion d’héritage afin d’ancrer le quartier dans son territoire. Les Jeux Olympiques et Paralympique ne sont pas un prétexte pour la construction du quartier mais bien un catalyseur.

Pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques, le Village des médias, situé sur la commune de Dugny, accueillera environ 2 800 journalistes et techniciens qui travailleront à proximité directe du Centre principal des médias localisé dans le Parc des expositions du Bourget.

Dès la fin des Jeux, ce nouveau quartier de ville accueillera environ 4 000 habitants avec des logements de qualité permettant un parcours résidentiel (en accession à la propriété, en locatif libre, en locatif intermédiaire et social), des équipements publics et des services de proximité nécessaires (écoles, crèche, gymnase, commerces, etc.)

Le projet répond aux besoins de développement urbain du territoire et s’inscrit dans les objectifs de la Loi du Grand Paris adoptée en 2010, dont l’article premier est repris par le Schéma Directeur d’Ile de France (SDRIF) en vigueur. Celui-ci fixe l’objectif de « construire chaque année 70 000 logements géographiquement et socialement adaptés en Ile-de-France ». De plus, le SDRIF présente comme objectif d’intensifier les secteurs à proximité des transports en commun et de densifier les quartiers de gare. Le futur quartier se situera à 500 mètres de la gare du T11 Dugny-La Courneuve.

 

Le projet d’aménagement est pensé pour que les Jeux Olympiques et Paralympiques laissent en héritage des aménagements pérennes et durables aux habitants ainsi qu’aux usagers des sites concernés. Ainsi, le Cluster des Médias n’est pas un lieu qui sera reconverti ultérieurement : c’est un projet conçu pour offrir toutes les fonctions d’une ville mixte et durable, et qui sera utilisé par les journalistes, les athlètes et les spectateurs pour quelques semaines pendant les Jeux.

 

Au-delà des impératifs d'organisation des Jeux, l'aménagement de ces sites contribuera au renouvellement urbain des territoires concernés, en s'appuyant sur l'adaptabilité et la réversibilité des constructions.

 

20 ha conservés et reboisés de l’Aire des Vents et un réaménagement pour conforter son usage d’espace de loisirs :

Le Village des médias s’implantera en partie sur la lisière au sud de l’Aire des Vents. Le département de la Seine-Saint-Denis, propriétaire et gestionnaire de l’Aire des Vents, considère que l’Aire des Vents est un espace particulier à vocation événementielle (fête de l’Humanité, parking lors du Salon du Bourget, manifestations sportives et culturelles diverses). Le site de l’Aire des Vents n’est pas classé site Natura 2000.

 

Il est à noter que deux nouvelles entrées seront créées pour faciliter l’accès à l’Aire des Vents. Les entrées existantes seront quant à elles transformées pour favoriser l’ouverture du parc sur la Ville.

 

L’Aire des Vents compte une surface d’environ 26,6 ha. L’urbanisation de l’Aire des Vents concerne 6,5 ha de sa surface, soit environ 25%. Les 75% restants ne seront pas urbanisés et resteront propriété du Département de la Seine-Saint-Denis qui nous a indiqué souhaiter conserver les usages publics, sportifs et événementiels. Son service des sports, lors de l’enquête publique unique de la ZAC Cluster des médias, indiquait travailler en partenariat avec les associations cyclistes sur les futurs usages sur l’Aire des Vents.

 

En complément, il est envisagé dans le cadre du projet que 1,8 ha de boisements compensatoires seront plantés au nord de l’Aire des Vents avec une densité d’environ 4 000 arbres par hectare.

 


Renaturation du Terrain des Essences :

Ancien Centre de Ravitaillement en hydrocarbures du Ministère de la Défense, le « Terrain des essences » est une enclave de treize hectares, appartenant encore à l’Etat, au sein du Parc Départemental Georges-Valbon. Le Terrain des Essences ne fait pas partie de la Zone Natura 2000. Dans le cadre du projet, ce site sera entièrement renaturé avec certains espaces exclusivement réservés à la biodiversité, créant ainsi une véritable extension du parc Georges-Valbon et offrant un accès plus facile, notamment par les transports en commun (gare T11 Dugny-La Courneuve). Le parc pénètrera donc la ville de Dugny en s’étendant jusqu’à la gare du T11 puis jusqu’au nouveau quartier avec des espaces publics végétalisés et les jardins des lots privés comportant un minimum de 30% de pleine terre.

Le Terrain des Essences, d’une superficie de 13ha, sera dépollué et renaturé pour en faire une nouvelle extension et une nouvelle entrée du Parc Georges Valbon. Le Département de la Seine-Saint-Denis en est le maître d’ouvrage et prévoit d’aménager le site selon le principe suivant :

-       Un secteur Sud, directement accessible depuis la RD114 constituant une nouvelle entrée ouverte au public, avec des usages de promenade et de loisirs,

-       Un secteur central dont l’accès sera restreint selon les saisons en fonction des cycles de vie des espèces. La gestion des milieux naturels qui sera mise en place vise à conserver des habitats ouverts propices aux espèces protégées présentes sur le site (crapauds calamites, oiseaux des vasières).

-       Un secteur nord, préservé et non accessible au public.

 

Cette opération ainsi que le reboisement d’une partie de l’Aire des Vents permettent d’augmenter la superficie totale des espaces verts du site.

 
Le Terrain des Essences a déjà fait l’objet d’une dépollution pyrotechnique sur une épaisseur de 6 m par le Ministère des Armées et les aménagements futurs ne nécessitent pas d’intervention à une profondeur supérieure. Le département de la Seine-Saint-Denis, avec une participation financière de la SOLIDEO, poursuit les travaux de dépollution du sol et des nappes phréatiques afin d’éliminer toute trace d’hydrocarbures et autres polluants issus de l’activité passée du site. Une fois la dépollution terminée, l’aménagement à proprement parler pourra démarrer. Un diagnostic complet de l’état des sols permettra de s’assurer de l’élimination de tout déchet. 

 

Une attention portée aux espaces verts, à la biodiversité et aux îlots de chaleur tout au long de la conception du projet

Le travail de conception du projet de ZAC et le travail intercommunal sur le projet urbain ont pris en compte les enjeux écologiques du site en ne prévoyant aucune intervention au sein du site Natura 2000. L’augmentation des espaces verts se traduit à l’échelle de la ZAC par un bilan positif avec la création de 6,5 ha de nouveaux espaces verts supplémentaires par rapport à la situation existante.

 

L’objectif est également que le nouveau quartier puisse bénéficier d’une ambiance climatique vivable en période de forte chaleur estivale, avec des lieux de refuge et un ensemble paysager résistant aux intempéries et capables de limiter l’effet de chaleur urbaine. Il est par exemple demandé aux opérateurs-constructeurs de choisir des végétaux à large spectre écologique et à enracinement profond, de privilégier des matériaux à faible albédo (couleur claire et absorption limitée) en façade et au sol pour les constructions. Le projet valorise également la présence de l’eau au travers d’une gestion intégrée des eaux pluviales dans l’objectif de lutter plus efficacement contre l’effet d’îlot de chaleur urbain.

 

Les évolutions du schéma d’attention d’aménagement ont été poussées par la volonté d’une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux avec :

 

-       La préservation des boisements :

Le plan-guide a intégré une approche qualitative des boisements, basée sur un diagnostic du patrimoine végétal réalisé par les écologues et paysagistes de la maîtrise d’œuvre urbaine.

Ce travail a permis d’identifier les bosquets qu’il était le plus intéressant de conserver, en veillant à maintenir autour d’eux suffisamment d’espace pour ne pas obérer le développement des sujets.  Cette démarche poursuit des objectifs de continuité écologique mais aussi paysagers : les futurs habitants du quartier pourront bénéficier des qualités paysagères qu’apportent de grands arbres.

Ces adaptations permettent de maintenir au maximum les arbres existants, en passant d’une surface boisée d’environ 14 500 m² dans le plan initial, à environ 22 600 m² de boisements grâce à la suppression d’emprises bâties dans les talus présentant les plus forts enjeux écologiques et paysagers.

 

La proposition d’adaptation du plan-guide permet d’augmenter de 50% la surface boisée conservée par le projet soit environ 8 100 m² d’espaces boisés supplémentaires préservés.

Il est par ailleurs rappelé que la densification des boisements existants au nord de l’Aire des

Vents est prévue dans le cadre des compensations écologiques.

 

-       Une diminution des surfaces urbanisées sur l’Aire des Vents :

Un travail a été conduit pour élargir les entrées de l’Aire des Vents. L’entrée Sud-Est avait déjà été retravaillée au stade du dossier de création de ZAC par une réduction de l’emprise de l’urbanisation.

L’élargissement de cette entrée, par rapport au plan initial a permis de gagner environ 1 500 m² d’espaces verts en portant la surface de ce corridor à environ 13 400 m².

Au stade de la demande d’autorisation environnementale, un travail supplémentaire a été réalisé sur l’entre Nord-Ouest, via la délocalisation du gymnase initialement situé au pied de cette butte boisée, qui permet ainsi :

> d’élargir le corridor écologique et de garantir des continuités fortes entre ces deux espaces de parc,

> de mieux conserver des boisements existants, qui ont un intérêt écologique et paysager,

> de créer une entrée généreuse de l’Aire des Vents pour les habitants de Dugny (notamment à proximité du quartier Maurice Thorez) qui soit accessible à tous (personnes à mobilité réduite, poussettes…).

 

Cette modification permet un gain d’environ 3 500 m² d’espace vert, pour atteindre une surface totale d’environ 15 700 m² pour cette entrée de parc.

Au total, l’urbanisation a été réduite d’environ 0,5ha sans remettre en cause la qualité paysagère du quartier (vues, coeurs d’îlots verts, hauteurs…).

 

De plus, la gestion des eaux pluviales a été envisagée avec des moyens spécifiques, par exemple : une imperméabilisation limitée des sols accompagnée d’une végétalisation et de substrat augmentant l’évapotranspiration et favorisant l’infiltration. En effet, le projet prévoit la gestion des pluies courantes 15 mm et jusqu’à la pluie décennale par évapotranspiration et infiltration par le biais d’ouvrages végétalisés d’infiltration des eaux pluviales à ciel ouvert.

Les objectifs de pleine terre seront plus ambitieux que les 20% de pleine terre imposés par le PLU : il faudra atteindre au minimum 30% de pleine terre par lot.

 

La prise en compte des impacts cumulés de la ZAC Cluster des médias  

La impacts potentiels cumulés de la ZAC Cluster des médias ainsi que les dispositions prises afin d’en limiter l’incidence sont intégrés à l’étude d’impact et ses annexes (pièces 4.2 et 4.3) ainsi que dans le Dossier de Demande d’espèces et habitats protégés (7.2) directement sur le registre numérique.

 

Nous sommes attachés à ce que le projet ne détruise pas un écosystème existant pour essayer de le recréer ailleurs.  Aucune compensation relative à la biodiversité n’est réalisée en dehors du site de projet. Le projet a d’abord cherché à éviter au maximum les impacts sur les écosystèmes existants, notamment en n’urbanisant pas le terrain des Essences qui concentrent les enjeux les plus forts, alors que c’est ce que prévoyaient les documents d’urbanisme des collectivités en vigueur au moment de la définition du projet. Il a ensuite cherché à réduire ses impacts et enfin à compenser les impacts résiduels. Les mesures mises en œuvre visent notamment :

-          à limiter les impacts en phase chantier (chantier vert, démarrage du chantier à une période de l’année minimisant le dérangement des espèces),

-          à traiter les espèces invasives présentes sur le site,

-          à venir renforcer des boisements existants, dans l’Aire des Vents et à la lisière du terrain des Essences,

-          à travailler sur palettes végétales endogènes et adaptées au climat de 2050 et sur la pluralité des strates végétales dans les espaces publics comme dans les lots privés,

-          à travailler sur le bâti et la biodiversité (toitures végétalisées, nichoirs pour les chave-souris et les oiseaux…),

-          à créer des mares et restaurer l’habitat du crapaud calamite dans le parc Georges Valbon, à sanctuariser 1/3 du terrain des Essences,

-          à gérer ensuite les milieux dans le temps avec un suivi sur 30 ans.

La gestion des milieux est en enjeu particulièrement important : par exemple, une absence de gestion du milieu ouvert favorable aux crapauds calamites conduirait à sa disparition car ce milieu se referme spontanément. De même, la gestion en prairie des pelouses de l’Aire des Vents permet par exemple d’améliorer l’intérêt écologique de cet espace vert.

Reconstruire la ville sur la ville n’est pas automatiquement économiquement plus avantageux car la mutation d’anciens sites industriels impliquent des travaux de dépollution. Dans le projet, une grande partie se fait en renouvellement urbain : rénovation du parc des Sports du Bourget, départ du Cerema et de Chimirec, transformation du terrain des essences en une extension du Parc Georges Valbon de 13 ha.

 

Très cordialement,    

La SOLIDEO.  

SOLIDEO, réponse publiée le lundi 03 août 2020

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